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Reportage: Luigi le berger

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Transhumance

Luigi, berger par amour de la liberté
 

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Dans les pas du berger, le troupeau s’en va, entre terre et ciel, longeant le coteau dans une brume matinale. Luigi conduit ses bêtes dominé par une préoccupation, trouver l’herbe. Lorsque le jour s’achève, une clairière au cœur de la forêt sert d’abri pour la nuit. Le troupeau rassemblé, ânes et chiens trouvent le repos et les brebis préférées s’approchent et observent le feu au cœur de la nuit. Pour Luigi Cominelli cet instant de solitude est l’absolue liberté.

« Fare il pastore non è un mestiere, è un modo di vivere », Bortolo Imberti

Luigi Cominelli est bergamasque, de la vallée de Parre. Une région où selon la tradition les hommes sont bergers de père en fils. Son savoir il l’acquière dans sa relation avec la nature. Il connait l’eau et le sol, les étoiles et le vent, les soins vétérinaires et la botanique, la météorologie. L’expérience de l’homme seul face aux éléments et qui, au rythme de la transhumance, veille sur la vie de centaines de moutons.

Fulmine, le chien chef, l’ami fidèle depuis plus de dix ans, a sa part de responsabilités. Le berger lui parle en bergamasque et lorsque la distance est trop grande il utilise le sifflement. Un long apprentissage qui n’est pas à la portée de tous les chiens. Fulmine, Serio, Babe ou Laïko, des noms que l’on retrouve au fil du temps et de l’histoire des transhumances.

Luigi a choisi une vie dure mais c’est le prix à payer pour la liberté « Nous sommes des nomades, peut-être les derniers en Europe, et même si la société moderne rend notre métier plus compliqué je ne peux imaginer vivre autrement ». Les routes, les barrières, les propriétés privées, les interdits, les trains sont autant de pièges pour les troupeaux. « C’est une des raisons qui m’a fait renoncer aux transhumances dans le canton de Vaud. J’ai choisi de reprendre celle de mon frère, dans le canton de Berne. J’ai mon propre troupeau, environ 300 bêtes. Mais je pense souvent à mes douze hivers passés en Suisse romande ».

Le plus grand bonheur pour Luigi c’est la liberté et la joie d’être entouré d’un troupeau paisible. «Je suis comme un père qui s’occupe de ses enfants et même si la vie d’un mouton est relativement courte, elle est heureuse et libre durant quelques mois ». Près de lui un mouton chef, l’allié indispensable pour rassurer le troupeau. Tous n’ont pas les qualités de meneur. « Il y a toujours un mouton qui a des dispositions particulières. C’est aussi ce qui lui évite l’abattoir en fin de saison ».

Une chanson bergamasque dit que le berger a les oiseaux pour violons et les étoiles pour luminaires. Aujourd’hui, Luigi lutte contre la maladie. Eloigné de son troupeau le berger se souvient de l’essentiel : « pastore è piu di un mestiere, è un tipo di esistenza ». La sagesse d’accepter le destin.

Anna Carissoni, « Pastori », Edizione Villadiseriane ;
Marcel Imsand « Luigi le Berger », Ed. Gianadda
 

Dany Schaer

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Transhumance au printemps et en hiver

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Dany Schaer - Journaliste-photographe

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